Ayant encore fait des découvertes j'ai écris une suite à la nouvelle le Luxe, que voici :
II -« To covet » disait Antoni Hopkins dans « Le
silence des agneaux ». Bizarrement et sans qu’elle sache pourquoi cela l’avait marquée.
Mais que veut dire « to covet » en français ?
Le e finissant d’exploser dans le t.
Ce n’est que la banale et fade convoitise. Un mot passé de mode, que l’on utilise plus depuis longtemps.
Mais tout à coup elle crut se rappeler : « La convoitise n’était-elle pas un péché capital, ce qu’on
appelait un péché mortel ? ».
Même de son temps, on enseignait plus cela au catéchisme. Elle avait du en entendre parler quelque part…
Elle fit une recherche.
« Eh beh… ! ».
La convoitise était incluse dans les dix commandements « Tu ne convoiteras pas » était le dixième
commandement qu’elle avait appris sous la forme : « Tu ne convoiteras pas la femme de ton voisin ».
C’est pour cela que quelle n’avait pas compris plus tôt !
C’était là qu’était le piège. Il ne s’agissait pas seulement de ne pas convoiter la femme du voisin mais de ne pas
convoiter tout court.
La convoitise aurait même été à l’origine de tous les péchés.
Eh beh ! Vérité cachée !
(Ben oui ! La société de consommation et qui plus est notre ploutocratie, est basée sur la
convoitise…).
Et dans le reste du sermon biblique d’Internet elle trouva à peu
près ce qui suit : « Eve convoita la pomme » « Eve fut punie car elle avait convoité la connaissance, le serpent lui ayant dit que si elle croquait la pomme, elle saurait
distinguer le bien du mal, comme Dieu».
« Eve fut punie de son excès d’ambition, avec Adam qui ne sut résister au pouvoir attractif de sa femme et se
laissa persuader de croquer dans la pomme. ».
Tout comme elle.
Cette passion qu’elle ressentait si fort, ce désir de connaissance étaient si puissants qu’elle en tomba malade.
Contre vents et marées, elle avait voulu cet amour qui ne voulait pas d’elle. Sa folie ne l’avait même pas compris.
En chassant Adam et Eve du paradis terrestre, Dieu leur imposa une limite pour qu’ils ne volent pas ses autres
attributs divins.
Sa maladie la limita fortement.
Depuis, et cela lui avait pris des années, elle connaissait ses limites et les respectait pour légèrement les
dépasser parfois.
La connaissance est donnée pas acquise. Elle vient quand on ne l’attend pas et là où on ne la cherche pas.
Elle est donnée par les autres, ou vient en sondant, en creusant les pensées et les souvenirs, etc. Il faut
l’extraire après avoir fait son devoir et avoir subvenu à ses besoins et ceux de sa famille.
Tout à coup, ça vient. Vous comprenez quelque chose. Vous résolvez un problème.
Pendant des années elle avait dit : « Je n’ai rien fait. Pourquoi cela m’est-il
arrivé ? ».
Mais Eve n’avait rien fait non plus. Elle avait croqué dans une pomme et en avait donné à Adam : c’est
tout.
Il faut souvent attendre très longtemps avant de pouvoir gagner un peu de connaissance. La connaissance est donnée
et pas volée.
Une autre légende concernant l’arbre de la connaissance et le
serpent allait ainsi : « Le serpent garde l’arbre de la connaissance et vous mord si vous vous approchez de trop près si vous ne méritez pas la connaissance que vous tentez
d’obtenir ».
Peu après sa maladie, elle avait fait un rêve : Un serpent l’avait mordue. Mais dans ce rêve sa dent, comme
une couronne clipsée dans sa mâchoire, contenait un vaccin. Le serpent au lieu de la tuer, l’avait vaccinée de sa morsure.
Elle fut vaccinée contre l’excès d’ambition à tout jamais. Et surtout contre la passion amoureuse.
Non pas qu’elle n’aimât plus. Elle aimait selon la leçon stendhalienne, en apprenant à connaître l’autre.
Pour Stendhal, c’était cela le vrai amour, la passion amoureuse n’étant que vague mimétisme ( voir René Girard
« Mensonge romantique et vérité romanesque »).
La passion amoureuse fonctionne comme la publicité. On convoite la femme ou l’homme du voisin comme on convoite sa
maison ou sa voiture. Ce sont des relations à trois.
Il faut être trois pour convoiter.
Pour aimer, il suffit d’être deux. Le reste s’engendre.
Le luxe, le vrai luxe est dans ce temps et cette connaissance donnés. On le reconnaît au fait qu’il ne coûte rien
ou pas grand chose.
C’est en plus.
Alors oui, lire ce qui n’est pas au programme.
Oui bien sûr ! Mais il aurait fallu savoir attendre un peu et ne pas vouloir des choses à tout prix.
Son grand-père disait toujours « Hech Shilater auf ». « Tu portes des ornières ». Tu ne vois
pas ce qui t’entoure, ni les pièges qu’on te dresse.
Attendre, apprivoiser le temps, ne pas tricher avec lui, elle l’avait appris aussi. Quand on joue ou triche avec
le temps, cela vous revient comme un boomerang, en dix milles fois pire que ce qu’on a gagné. Et merci à Saturne.
C’est bien ce luxe-là qui l’avait mené à sa perte.
Elle les voulait trop : cette connaissance, ces richesses, cet
amour. Elle l’avait pris et voilà.
Elle avait tout perdu. Comme Eve qui a croqué la pomme elle a voulu lire tous ces livres alors qu’il aurait fallu
étudier. Elle voulait aller plus vite que la musique, tromper le temps, et la convoitise, péché à l’origine de tous les péchés l’a fait tomber.
La convoitise la fera tomber à chaque fois.
Lorsqu’elle sera vaccinée contre la convoitise, elle sera guérie.
Maintenant elle sait qu’il est inutile de rechercher la connaissance. Elle est donnée à ceux qui la
méritent.
Il faut d’abord s’acquitter des devoirs avant de rechercher la connaissance. C’est en plus et c’est donné.
Le vrai luxe est ce qui ne coûte rien ou pas grand chose.
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